Les enjeux de la maintenance électronique

Les véhicules sont désormais connectés (appel d’urgence obligatoire – avril 2018 pour les véhicules légers) et adoptent des systèmes électroniques d’aide à la conduite (ADAS). Ils sont aussi communicants : les ateliers peuvent télécharger des mises à jour logicielles. Ainsi, la maintenance est-elle devenue électronique. Pour les réparateurs, l’enjeu crucial est d’intégrer cette nouvelle donne dans leurs habitudes de travail : s’informer, se former, investir dans les systèmes de maintenance de dernière génération.

Le diagnostic des composants électroniques, le téléchargement et le télécodage, constituent le nouvel horizon pour les réparateurs et les acteurs de la rechange automobile et poids lourd.

Dépassés les systèmes d’injection à calculateur unique et les ABS ; aujourd’hui un véhicule peut compter plusieurs kilomètres de câbles électriques, jusqu’à 100 calculateurs dédiés et 9 réseaux électroniques de communication différents.

Chaque réseau est dédié à une vitesse de transmission et à des volumes d’informations spécifiques transmises pour respecter une vitesse et une fiabilité de transmission : VAN, CAN, LIN. 

L’électronique concerne quasiment tous les systèmes de fonctionnement du véhicule : moteur pour l’injection, mais aussi l’allumage, le traitement des gaz d’échappement. L’électronique se retrouve également dans le freinage, la boîte de vitesses, le contrôle de traction (ESP, aussi bien que démarrage en côte), l’éclairage, la climatisation, les équipements de confort (vitres électriques, navigation, radio, verrouillages des ouvrants, direction, suspension…).

Tous ces systèmes sont interconnectés, non seulement parce que l’information de leur fonctionnement doit être accessible pour le contrôle, mais aussi parce que certaines données interviennent dans plusieurs systèmes. Exemple : la vitesse, qui est déterminée par le capteur de vitesse des roues, est utilisée pour l’ABS et l’ESP, ainsi que pour le combiné d’instrument, mais aussi pour le contrôle moteur, la boîte de vitesses, l’éclairage, la climatisation, la radio, la navigation (GPS), la  direction ou la suspension… On pourrait citer des dizaines d’exemples similaires.

Avec l’arrivée de la conduite automatisée, les données de fonctionnement doivent être sécurisées. Comme en aviation, des scénarios de doublement des transmissions sont projetés. L’afflux de nouvelles données circulant sur les réseaux va encore s’accroître pour cette raison.

Sur les véhicules récents, toutes les opérations de maintenance impliquent le recours à un outil de  diagnostic électronique. Vidange, ajout d’un accessoire, changement des pneumatiques ou d’un bouclier en carrosserie : à chaque opération
correspondent un ou plusieurs composant(s) émetteur(s) ou destinataire(s) de l’information de remplacement.


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LES NOUVEAUX ÉQUIPEMENTS DE L’ATELIER

Dans l’atelier, la communication entre le véhicule et le garage passe par l’appareil de maintenance électronique.

Avec les réseaux multiplexés de nouvelle génération, la transmission des données peut dépasser les 10 Mo par seconde. Jusqu’à maintenant avec le CAN, le débit moyen était de 0,5 Mo/s. Le réseau Ethernet adopté pour le DoIP (Diag on IP) pourrait débiter jusqu’à 100 Mo/s.
Les nouveaux appareils de diagnostic doivent s’adapter au DoIP qui va devenir le standard dans les 5 ans à venir. Il ne faut pas croire que la voiture électrique va simplifier les choses. 90% des véhicules électriques demain seront des modèles thermiques avec plus de composants interconnectés ! 
Le multi-équipement va s’imposer dans les ateliers, au fil du renouvellement des appareils. Avoir un équipement de diagnostic un peu ancien (plus de 5 ans) ne veut pas dire qu’il est obsolète. Avec une mise à jour tous les 2 à 3 ans, il peut encore rendre beaucoup de services, accéder sur des véhicules plus anciens et seconder ainsi un appareil de dernière génération. 
Il est également possible de dédier un des appareils à une activité spécifique complémentaire : mesure physique, diagnostic de la pollution, géométrie des trains et ADAS, réglages des phares par exemple.